
Les projets d’avenir concernant les Hôpitaux des Hautes Pyrénées sont au cœur de l’actualité ; reste que c’est par l’intermédiaire de la presse locale de cette dernière semaine, et ce week-end du JDD, que nos citoyens voire l’élue que je suis, accèdent à la teneur des décisions en cours.
Cela pourra en rendre certains perplexes ; pour ma part cela me révolte, profondément !
Alors que plus de 20 000 lourdais et tarbais viennent de se prononcer via une pétition contre la mise en place du projet d’hôpital unique de Lanne, alors que 6500 habitants du plateau ont participé à une votation citoyenne initié par les communistes locaux pour refuser la fermeture de l’unité chirurgicale de Lannemezan, fait-on si peu de cas du message délivré, pour passer en force et au mépris de toute démocratie, imposer la mise en œuvre de la loi Bachelot dans notre département ?
Et que fait-on des interrogations de nos citoyens ; sur le devenir de la qualité de l’offre de soin? Sur une vraie prise en compte des pathologies et à l’inverse les risques réels encourus par la population si on exécute comme cela est programmé, les hôpitaux de proximité ? Sur leur désir de préservation et de modernisation d’hôpitaux publics qui ont fait et font encore la démonstration de leur efficacité ? Pour ma part si je m’en réfère aux arguments qui m’ont été objectés lorsque j’ai posé ces questions simples que ce soit en CA de l’hôpital de Tarbes ou lors du Conseil Municipal qui a évoqué le sujet, mises à part les mêmes logiques comptables qui justifient également les fermetures de Poste ou d’école, je n’ai rien entendu, non aucunes thèses soutenables qui viennent étayer ce carnage médical programmé pour liquider l’offre de soins d’origine des Hautes Pyrénées, construite autour de nos quatre Hôpitaux publics de Tarbes, Lourdes, Lannemezan et Bagnères.
D’autre part, je suis affligée d’apprendre que le 25 juin dernier, c'est-à-dire le lendemain même de la journée d’action nationale du 24, où 20 000 personnes ont défilé dans les rues de Tarbes pour préserver le principe de solidarité en matière de retraites, une parlementaire de gauche a fait se prononcer, majoritairement, l’Assemblée Générale des Maires de sa circonscription pour l’hôpital unique de Lanne sous prétexte de pragmatisme : la loi Bachelot qui place au premier plan l’idée de rentabilité et instaure une réforme du public tant sur le mode de la gouvernance que sur les moyens, ayant été votée, désormais l’ARS ( Agence Régionale de la Santé) s’impose à tous. Ainsi donc les élus de gauche, députés, sénateurs ou élus locaux, n’auraient plus qu’à accepter et à se soumettre aux diktats sarkozistes ? Pire dans ce cas, précéder l’appel et se faire les défenseurs zélés des positions de l’ARS, de messieurs Trémège et Artiganave?
Comment encore qualifier cette rencontre qui vient de réunir les parlementaires, les présidents des Commissions Médicale d’Etablissement (CME), le Directeur des hôpitaux de Tarbes et Lourdes viennent ainsi le nouveau Directeur de l’Agence Régionale de Santé (ARS) et le Préfet des Hautes Pyrénées et dont le maître mot qui en est sorti, est la nécessité d’une coopération public/privé ce qui signifie en langage clair la libéralisation du secteur public hospitalier?
Il est clair que cette politique de la mise devant le fait accompli doit cesser ! Comme doit cesser cette tentative d’intoxication collective pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes et accepter un projet d’hôpital unique, qui n’est ni économiquement viable ni socialement acceptable ni humainement tolérable !
Poursuivons notre mobilisation : - Contre le projet de fermeture de l’Unité chirurgicale de Lannemezan - Contre le projet d’hôpital unique Tarbes/ Lourdes et la casse de l’offre publique haut-pyrénéenne hospitalière actuelle
Exigeons parce que c’est notre droit. - Un vrai débat public sur le projet d’hôpital unique, transparent et contradictoire - Au terme de ce débat, l’organisation par les pouvoirs publics, d’un référendum d’initiative locale.
Sur ce dernier point et relayant la démarche portée par les collectifs d’usagers, je vais interpeller ces prochains jours, l’ensemble des maires, conseillers généraux et conseillers régionaux afin de leur proposer, quelque soit leur appartenance politique de faire leur cette exigence démocratique, de s’engager pour cette concertation citoyenne, et de peser pour engager leur collectivité dans l’organisation de cette consultation.
J’appelle encore tous les haut pyrénéens à se mêler d’un débat essentiel pour leur avenir parce que c’est de notre santé et de nos vies qu’il s’agit !
Marie-Pierre Vieu, Conseillère régionale des Hautes-Pyrénées




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