Monsieur le Président, Chers collègues, Le changement de politique exprimé lors des dernières élections, nous impose de nouvelles responsabilités. Certes, comme vous le soulignez, Monsieur le Président, la crise économique et financière persiste. Les peuples sont les principales victimes pendant qu’une caste n’en a jamais assez, et réclame de nouveaux cadeaux. Hier, elle détenait les rennes du pouvoir pour servir exclusivement ses intérêts. Aujourd’hui, elle pèse, avec brutalité, sur les choix de la nouvelle majorité. La crise n’est pas une crise de la dette mais une crise de la répartition des richesses. D’autres choix sont possibles pour briser la spéculation pour sortir de l’impasse de l’austérité et de la rigueur. C’est dans ce contexte que les collectivités préparent leurs budgets 2013. Ils devraient être ceux du renouveau, de la relance des projets et de l’économie de nos territoires, Ils devraient marquer une rupture avec l’austérité imposée aux collectivités territoriales par le précédent gouvernement et permettre le retour de marge de manœuvre nécessaires à la mise en œuvre de nos compétences obligatoires, à la poursuite de nos politiques volontaristes reconnues et efficaces. La décennie que nous venons de traverser, a rendu exsangues les finances régionales et réduit à néant les leviers fiscaux qui permettaient aux conseils régionaux de ne pas être uniquement dépendants des dotations de l’Etat. La dernière réforme en date, étant la suppression de la taxe professionnelle, seul impôt liant les entreprises aux territoires. Cette mise au pas des collectivités souhaitée par Sarkozy ne doit pas se poursuivre, le nouveau gouvernement a tous les atouts pour mettre en œuvre dès maintenant le changement. L’assemblée nationale, le sénat, la quasi-totalité des régions, un grand nombre de département et de grandes villes sont aujourd’hui à gauche. Celles est ceux qui ont majoritairement choisi de faire confiance à la gauche, n’attendent pas qu’un simple changement de méthode, mais d’autres choix politiques. En disant cela, je n’ignore ni la situation, ni les difficultés. Mais, il faut arrêter de culpabiliser les ménages en leur imposant de nouveaux sacrifices. Comme le préconise le rapport Gallois avec des augmentations de la CSG et de la TVA. La décision du gouvernement d’augmenter la TVA pour un nouveau cadeau de 20 milliards aux patrons est inacceptable . La solution serait l’austérité, alors que de nombreux économistes de tous pays soulignent qu’elle mène à l’échec. Le coût du travail serait trop élevé ! Alors qu’en 10 ans, la rémunération du travail dans le PIB a reculé de plus de 10 points au profit du capital. L’exemple de SANOFI est édifiant . Le travail est de plus en plus précaire. Tous les jours, sont annoncés de nouveaux licenciements, de nouvelles fermetures d’entreprises. La RGPP a considérablement affaibli nos services publics. Pourtant ils ne sont pas une charge mais une chance pour le développement, la justice sociale et l’égalité, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. L’abrogation de la réforme territoriale est positive, mais elle ne sera effective et efficace que si elle s’appuie sur une réforme radicale et globale de la fiscalité, permettant aux collectivités, aux régions en particulier d’agir dans l’intérêt des populations. Les régions sont soumises, depuis plusieurs années, à une diminution des dotations de l’Etat, alors que de nouvelles compétences donc de nouvelles charges financières leur ont été octroyées. En 2011, nous avions évalué à 133 millions d’euros le cumul des dettes de l’Etat envers notre région ? Il sera en fin d’année de 192 millions. Après avoir voté le traité européen de stabilité qui place l’Etat comme les collectivités territoriales sous la tutelle d’une commission européenne non élue, le nouveau gouvernement annonce le gel des dotations pour 2013 et pire une diminution pour 2014 et 2015. Ce n’est pas en baissant les budgets des collectivités territoriales qui financent à plus de 70% l’investissement public, que nous relancerons l’activité économique. La droite sans gêne, continue de dénoncer les dépenses excessives des conseils régionaux comme si nous dépensions sans compter l’argent des contribuables. Mais les dépenses, ce sont le coût des TER, les constructions et rénovations de lycées, l’amélioration des conditions de travail des agents comme la réduction de la précarité, c’est aussi les aides aux familles avec la carte jeune…..par exemple, il faudrait d’ailleurs aller plus loin notamment avec une aide à la cantine. Le congrès des régions de France vient de se tenir, sous l’ intitulé « l’heure des régions ». Il serait pertinent que cette heure vienne enfin et que l’Etat au lieu de geler les dotations, nous alloue des moyens supplémentaires pour que notre région réponde aux besoins et attentes des populations. Nous refusons l’austérité décentralisée. Ce n’est pas la solution. La crise provoque de nouvelles fractures sociales dans nos territoires. Le fait que des Midi-Pyrénéens renoncent à se soigner ou ne puissent plus accéder à un établissement de soins dans des délais raisonnables, doit nous interpeller. L’exigence d’état des lieux et de débats monte dans tous les départements, nous vous proposons d’organiser des assises régionales de la santé. Le groupe Front de gauche est pour la construction d’un budget ambitieux qui donne un élan nouveau à notre région. Notre collectivité a d’ailleurs des marges de manœuvres qu’il faut faire jouer à plein. Faible endettement, autofinancement élevé. Le budget 2013 peut être offensif pour l’investissement, le soutien aux territoires et aux populations. Nous serons particulièrement attentifs à ce que les mesures d’accompagnement social, culturel, ne soient pas diminuées. Il faut pour cela, affirmer nos exigences vis-à-vis de l’Etat. -Remboursement de ses dettes. -Dans le cadre de la réforme fiscale, de nouvelles ressources comme par exemple la création d’un versement transport régional, la taxation des transactions financières, une juste péréquation entre régions. -Donner la priorité au secteur public notamment pour les lycées en instaurant de nouveaux critères sur les aides aux lycées privés. -Créer des fonds régionaux pour l’emploi et la formation et se donner de nouveaux moyens de contrôle des aides octroyées aux entreprises. Nous avions affirmé que les régions seraient des pôles de résistance face à la politique de casse sociale de Sarkozy. Nous aurions souhaité pouvoir être au lendemain de la victoire de la gauche, des pôles de mises en œuvre d’une autre politique conforme à l’intérêt général. Nous déplorons que le gouvernement ne nous en donne pas les moyens !