Didier Daeninckx ne fait pas que conter la vie de Maxime Lisbonne dans son dernier roman, il nous informe sur l’origine des premières cantines populaires que ce dernier créa à Paris après la Commune de Paris. Une ambition sociale pour les cantines quand tout manquait, la simple soupe étant devenue un met de choix pour des milliers de Parisiens jetés dans les oubliettes de la crise, encore une ! Les pauvres qui hantaient leurs nuits de famines quand la bourgeoisie mourrait de la goutte. Les pauvres qui constituaient un état d’être provoqué par la toute-puissance de quelques nantis spéculateurs. Maxime Lisbonne le reclus, l’ex bagnard communard créa des banquets où il servit des milliers de repas en plein air ou sous des chapiteaux de fortune. Capitaine, puis acteur de théâtre et aussi directeur des « Bouffes du nord »,il proposait le repas pour emplir le ventre des affamés mais aussi des spectacles populaires où la dérision constituait une arme. Un peu plus d’un siècle plus tard et au cœur d’une violente crise provoquée par les descendants de cette même bourgeoisie, que signifie se nourrir correctement et dignement pour des milliers de nos concitoyens ? La restauration sociale est un fait acquis dans notre pays pour peu qu’elle ne soit pas discriminatoire et qu’aucune personne ne soit exclus des restaurants municipaux car privé de revenu. La restauration sociale devrait s’inscrire dans une véritable démarche de nos territoires liant la qualité des aliments servis à une agriculture respectueuse de la juste rémunération des hommes, de l’environnement et de la santé publique. Cela s’inscrit dans le cadre d’une gestion planifiée de nos ressources mais aussi dans le partage démocratique des décisions pour répondre aux besoins des populations. Passage obligée pour que chaque être humain mange et bien mieux qu’aujourd’hui. L’agriculture Biologique peut porter ces espoirs si et seulement si elle est soutenue dans le cadre d’un projet politique ambitieux qui impose un cap et des choix de société. Ces choix passeront résolument par des financements publics pour financer une révolution verte et équitable. Remettre les clefs du devenir de l’agriculture Biologique aux seuls transformateurs et distributeurs revient à reproduire ce qui a échoué depuis 60 ans avec l’agriculture conventionnelle. Il est encore temps de définir une démarche politique ambitieuse en Midi Pyrénées pour l’agriculture Biologique comme s’y sont employés nos collègues Suisses depuis 25 ans.